> [!info] >Auteur : [[STRIKE]] & [[Lectures Anti Impérialistes]] >Connexion : Tags : Source : https://www.strike.party/articles/extractivisme-et-%C3%A9change-in%C3%A9gal --- # Note > [!information] >L’extractivisme est un concept issu du Sud Global. Il tire son origine du mot portugais « extrativismo » qui renvoie à l’origine aux activités commerciales réalisées avec des produits forestiers, et exportés vers les métropoles capitalistes. Il s’agit donc d’un usage capitaliste des ressources forestières, qui s’oppose au sens large aux activités de subsistance. > > --- > #Note/Extractivisme > [!information] >De façon plus actuelle, on peut définir avec l’économiste équatorien [[Alberto Acosta]] l’extractivisme de la façon suivante : Les activités qui extraient d’importantes quantités de ressources naturelles qui ne sont pas transformées (ou qui le sont seulement dans une faible mesure) principalement destinées à l’export. L’extractivisme ne se limite pas seulement aux minerais ou au pétrole, il est également présent en agriculture, en sylviculture, ainsi que dans le secteur de la pêche1 > > --- > #Note/Extractivisme ^628420 > [!accord] >Il nous semble que cette absence s’explique par deux raisons : Pour des raisons économiques et matérielles : les industries extractives ont été éjectées hors du centre, en particulier pour l’Europe. Pour une raison politique : l’abandon de toute théorie économique anti-impérialiste conséquente de la part de nombreux mouvements politiques, particulièrement dans le Nord Global, à partir des années 1990. > > --- > #Note/Extractivisme #Note/Lutte > [!accord] >L’extractivisme a été et est encore souvent étudié à un niveau local, dans une perspective anthropologique, notamment pour montrer comment il détruit les structures sociales et en particulier la subsistance des communautés. Cependant, les ressources dont il est question ont une relation symbiotique avec l’économie mondiale4 , puisque les produits de l’extractivisme forment de fait la base matérielle de l’espace économique international. > > --- > #Note/Extractivisme #Note/Subsistance > [!information] >Au début des années 2020, environ 60% des pays étaient dépendants d’une marchandise extractive, le plus souvent destinée à la production de carburants 5 cette dépendance tend à s'accélérer avec l’augmentation de l’extraction dans tous les scénarios envisagés par l’Agence Internationale de l’énergie6. > > --- > #Note/Extractivisme > [!information] >Pour l’économie politique classique, l’objectif de l’extractivisme est la rente, comme expliqué par David Ricardo7. La rente ricardienne désigne le surplus économique généré par l'exploitation de ressources naturelles rares ou de haute qualité. Certaines ressources, comme les gisements miniers ou pétroliers, sont plus faciles et moins coûteuses à exploiter, générant des profits excédentaires - au début du XIXe, en l’absence d’industrie pétrolière, Ricardo prend pour exemple les terres agricoles. Les industries extractives tirent des rentes élevées des ressources les plus riches ou les mieux situées. > > --- > #Note/Extractivisme > [!approfondir] >La rente ricardienne et l'extractivisme s'inscrivent également dans le cadre de la soi-disant « malédiction des ressources », un phénomène où l'abondance de ressources naturelles peut paradoxalement freiner le développement économique. C’est ce que l’on appelle la « croissance appauvrissante » (immiserizing growth), où une augmentation de la production de ressources naturelles peut entraîner une baisse du bien-être économique global10 . Les rentes ricardiennes élevées, générées par la rareté ou la qualité des ressources, créent des profits importants, encourageant une surproduction lorsque les prix mondiaux sont élevés. Pendant les crises économiques, la pression pour compenser la baisse des prix pousse à augmenter encore davantage les taux d'extraction, pour que la masse des profits permette de rattraper la baisse de leur taux. Cependant, cette stratégie conduit souvent à un excès d'offre sur les marchés mondiaux, ce qui fait chuter les prix des ressources, réduisant leur valeur et exacerbant les déséquilibres économiques. > [!accord] >C’est en particulier sur cette question que la théorie globale de l’extractivisme converge vers les théories locales de l’extractivisme, qui insistent souvent sur les phénomènes de fronts pionniers. L’impérialisme est un processus de constitution d’espaces géographiques différenciés dans l’accumulation du capital. Cependant, ce que nous voulons caractériser ici, c’est la logique économique qui sous-tend ces formes d’exploitation. > > --- > #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme > [!accord] >Il faut en effet comprendre cette spécialisation – de l’extraction de ressources naturelles sur certains territoires – dans le cadre de l’impérialisme. La définition de l’impérialisme par Rosa Luxembourg est absolument décisive pour comprendre les fondements de l’extractivisme : L’impérialisme est l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalismes nationaux autour des derniers territoires non capitalistes encore libres du monde. 12 C’est en particulier sur cette question que la théorie globale de l’extractivisme converge vers les théories locales de l’extractivisme, qui insistent souvent sur les phénomènes de fronts pionniers. L’impérialisme est un processus de constitution d’espaces géographiques différenciés dans l’accumulation du capital. Cependant, ce que nous voulons caractériser ici, c’est la logique économique qui sous-tend ces formes d’exploitation. > > --- > #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme > [!accord] >L’idée générale est que l’impérialisme fonctionne selon une double dynamique : 1. Intégration au système monde sous « le fouet des nécessités extérieures », c’est-à-dire l’imposition de l’accumulation capitaliste. 2. Cette intégration repose sur le maintien des différents États, mais aussi sur le maintien de leurs spécificités. Cette deuxième dynamique est celle qui permet de maintenir un taux moyen de profit au niveau international grâce à la différence locale des taux de profit, ce qui permet de créer de nouveaux espaces où se déroule un segment ou un autre de l’accumulation capitaliste. > > --- > #Note/Impérialisme > [!accord] >Ernest Mandel décrit ce phénomène dans de nombreux pays européens et souligne que la ressemblance entre ces inégalités dans le développement n’est pas seulement formelle : l’existence de ces territoires est constitutive du processus d’accumulation capitaliste, et ce pour deux raisons. D’abord, elle permet de constituer un échange inégal entre ces périphéries et les centres industriels, c’est-à-dire entre des produits bruts à faible valeur ajoutée et des produits manufacturés à forte valeur ajoutée. Ensuite, Mandel ajoute que ces territoires servent aussi de base à la constitution d’une armée de réserve séculaire14. > > --- > #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme > [!accord] >La thèse générale de l’échange inégal est que le sous-développement s’explique par l’appropriation massive de valeur provenant du Sud par le Nord, ou de la périphérie au centre, en particulier durant la période coloniale, bien que cette dynamique se poursuive aujourd’hui, notamment avec l’échange écologique inégal. L’intérêt fondamental de cette théorie est qu’elle permet de sortir des représentations purement historicistes en s’inscrivant dans une analyse quantitative, et non plus qualitative, dans laquelle le sous-développement prend les traits de l’arriération dans une perspective culturaliste ou civilisationnelle. En quantifiant la valeur des ressources appropriées au Sud par le biais d'échanges inégaux depuis les années 1960, on confirme que la croissance économique et les niveaux élevés de consommation dans le Nord ne sont possibles que grâce à l'extraction de richesses dans d'autres parties du monde, en particulier depuis les années 198015. > > --- > #Note/Extractivisme #Note/Consumérisme > [!approfondir] >Cette justification idéologique trouve une expression concrète dans la manière dont les prix sont fixés au niveau global. En raison du contrôle monopolistique que les pays riches exercent sur l'économie mondiale, ils sont en mesure de vendre des produits de base sur le marché mondial à des prix supérieurs à leur prix de production, alors que pour les économies périphériques, les prix sont souvent inférieurs aux prix de production. Cela crée un transfert de valeur des économies en développement de la périphérie vers les économies centrales, mettant en place un mécanisme structurel d'échange inégal. Avec l'immobilité des facteurs, on assistait à une inversion totale de fonction : Ce n'étaient plus les conditions de la production qui déterminaient les échanges, mais les échanges qui déterminaient la production. C'est cette inversion, ce reniement de la valeur-travail, qui explique en partie l'unanimité dont nous avons parlé ci-dessus [unanimité des marginalistes pour épargner la construction ricardienne de la loi des coûts comparatifs] 16. > > --- > #Note/Extractivisme > [!information] >Cette théorie, qui est au fondement du « [[Karl Marx|Marx]] écologiste », n’est pas une lubie du XXIe siècle visant à sauver [[Karl Marx|Marx]], mais une lecture qui provient avant tout du bloc de l’Est. C’est en particulier la réception, en 1972, du rapport du Club de Rome sur les limites de la croissance qui a poussé à la relecture de ce [[Karl Marx|Marx]] qui théorise notamment l’épuisement des sols. A ce titre, il convient de citer le hongrois István Mészáros20 de l’école de Budapest, et [[Wolfgang Harich]] en RDA, bien que tous deux ne s’inscrivent pas dans les courants officiels du marxisme d’État. > > --- > #Note/Marxisme #Note/EcologiePolitique ^mp9xtnrw-v10v > [!accord] >Pour [[István Mészáros|Mészáros]], le métabolisme social capitaliste est à l’origine d’une contradiction interne : les limites du capital ne peuvent plus être conceptualisées comme de simples obstacles matériels à une plus grande augmentation de la productivité et de la richesse sociale, et donc comme un frein au développement, mais comme un défi immédiat pour la survie même de l’humanité. Et dans un autre sens, les limites du capital peuvent se retourner contre lui en tant qu’organe de contrôle surpuissant du métabolisme social […] lorsque le capital n’est plus en mesure d’assurer, par quelque moyen que ce soit, les conditions de son autoreproduction destructrice et provoque ainsi l’effondrement du métabolisme social global.22 Il existe ainsi une rupture dans la circulation matérielle au sein du cycle métabolique de la nature. L’exemple pris par [[Karl Marx|Marx]] est celui de la rupture de la circulation des nutriments du sol. L’agriculture capitaliste moderne cherche à maximiser l’absorption des nutriments par les plantes, le plus rapidement possible, afin qu’elles puissent être vendues comme marchandises aux clients des grandes villes. > > --- > #Note/Métabolisme #Note/Capitalisme ^5f76bd > [!accord] >D’abord, cette rupture est spatiale. [[Karl Marx|Marx]] a problématisé ce clivage propre à l’organisation capitaliste de l’espace sous le nom d’« opposition entre la ville et la campagne ». L’exploitation ne saurait exister sans une division sociale du travail reposant sur la concentration de la classe ouvrière dans les grandes villes, et sur la nécessité émergente d’acheminer en permanence de nourriture depuis les campagnes vers les centres urbains. C’est la séparation spatiale antagoniste au sein même d’un pays capitaliste. Cette division entre villes et campagnes introduit une dissociation entre les lieux de consommation et les lieux de production agricole — rendant impossible toute forme de circulation des nutriments. Les déchets organiques issus de l’alimentation urbaine ne retournent plus aux champs. Cette dissociation spatiale amène ainsi une rupture dans la circulation matérielle au sein du cycle métabolique de la nature. > [!accord] >Alors que les cycles naturels exigent des temps longs, parfois géologiques, le capital tente constamment de raccourcir son temps de rotation23 pour maximiser sa valorisation. Ce procès s’accompagne inévitablement de l’expansion du capital flottant, sous la forme de matières premières et d’intrants auxiliaires, mobilisés pour alimenter l'accélération de cette temporalité. En parallèle, le capital révolutionne sans cesse le procès de production, augmentant les forces productives à un rythme effréné. Celles-ci peuvent doubler, tripler grâce à l’introduction de nouvelles technologies, mais la nature, elle, ne peut adapter ses cycles à cette cadence : elle ne peut ni accélérer la formation du phosphore, ni celle du charbon ou du pétrole. > > --- > #Note/Temps #Note/Capitalisme #Note/Production > [!accord] >Ce que montre [[Karl Marx|Marx]] à travers l’exemple de la sylviculture, c’est que le capital ne peut exploiter les ressources naturelles que s’il rompt avec les temporalités propres aux cycles de la nature. Autrement dit, la perturbation du flux matériel — ce niveau fondamental de la rupture métabolique — advient car il y a une rupture des rythmes naturels, que le capital doit accélérer, comprimer ou ignorer pour assurer la continuité de son propre cycle d’accumulation. > > --- > #Note/Temps #Note/Capitalisme #Note/Production #Note/Nature ^77245e > [!approfondir] >C’est dans une perspective analogue qu’il faut comprendre l’échange écologique inégal. Toutefois, il ne s’agit plus ici d’une rupture métabolique au sein d’un même état-nation, ou d’un même territoire : c’est la rupture entre Nord et Sud qui produit la destruction de la nature. C’est l’accélération de l’exploitation au mépris du rythme de reproduction des ressources naturelles des pays du sud ; c’est l’accumulation dans le nord grâce à l’extraction et la destruction écologique dans le sud. > > --- > #Note/Temps #Note/Capitalisme #Note/Production #Note/Nature #Note/NordSud > [!accord] >L’apport fondamental de la théorie de l’échange écologique inégal est de s'intéresser à ce drainage avant même sa transformation monétaire, en suivant les flux de matière et d’énergie. Comme le soulignent [[Jason Hickel]] et ses collègues 26, les prix internationaux reflètent avant tout les rapports de force sur le marché mondial : ils sont déconnectés des volumes réels de matière, d’énergie ou de travail, et tendent à invisibiliser les contributions non rémunérées ou indirectes à la production globale, ainsi que les effets sociaux et écologiques associés. > > --- > #Note/EchangeInegalEcologique > [!accord] >Pour présenter la théorie de l’EEI nous nous appuierons principalement sur les résultats d’un article de 2022 publié par [[Jason Hickel]] et des co-auteurs. Leur analyse s'appuie d'abord sur le calcul physique du drainage – c'est-à-dire des ressources concrètes mobilisées dans le Sud pour produire des biens, dont l'utilité est captée par le Nord. Il y a quelque chose de très concret et évident à parler de ce drainage en termes physiques, c’est-à-dire que ce qui a été accumulé à un endroit à été pris à un autre. En l'occurrence, dans le système impérialiste, cette appropriation se fait du Sud vers le Nord. > > --- > #Note/EchangeInegalEcologique #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme ^44b74b > [!information] >Par exemple, en reprenant le tableau précédent, si en 2015, 630 millions de personnes-années de travail ont été drainées du Sud, et que l'on valorise ce travail au prix moyen du Nord (disons 30 000 $/an28), cela représente à lui seul 18 900 milliards de dollars. Cette possibilité de quantification qu’offre l’EEI ouvre la porte à des comparaisons, à même de souligner les contradictions de l’extractivisme. Aussi, le tableau qui suit compare les transferts de valeur induits par l’échange écologique inégal avec les montants de l’aide publique au développement (ODA), il s’agit d’une actualisation de cette comparaison que [[Samir Amin]] avait déjà proposée29. > > --- > #Note/EchangeInegalEcologique #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme #Note/Travail #Note/NordSud > [!accord] >L’écart est saisissant : en 2015, les transferts nets par échange inégal dépassaient de plus de 30 fois les montants de l’aide au développement30. Il est donc important de noter à ce stade, que la théorie de l’échange écologique inégal s’ancre explicitement dans l’histoire des théorisations de l’impérialisme, en particulier dans le sillage d'une approche structurelle de l’impérialisme telle qu’elle a été développée par [[Samir Amin]]. Elle permet même de rendre plus concret le calcul du drainage qu’il a proposé en passant d’abord par des unités physiques. Il y a donc une continuité théorique entre cette théorie très importante dans l’économie écologique contemporaine et la théorie de l’impérialisme. > > --- > #Note/EchangeInegalEcologique #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme #Note/Travail #Note/NordSud ^08dfe0 > [!accord] >La réponse à cette accusation a de l’autre côté souvent consisté à montrer qu’il existe des mouvements écologistes dans le Sud Global. C’est absolument vrai. Mais d’un point de vue objectif, si l’on prend l ‘écologie comme un problème planétaire, c’est bien du côté de l’impérialisme en tant que forme de l’accumulation capitaliste à l’échelle planétaire qu’il faut chercher les stratégies d’action. De ce point de vue, le tournant pro-palestinien de [[Greta Thunberg]] ou la participation des [[Les Soulèvements de la Terre|soulèvements de la terre]] à la coalition [[guerre à la guerre]] dénotent la pertinence théorique et politique de ces rapprochements. > > --- > #Note/EchangeInegalEcologique #Note/Impérialisme #Note/Extractivisme #Note/Lutte #Note/Guerre ^921365 > [!approfondir] >D’un point de vue théorique, après avoir introduit brièvement la notion d’échange écologique inégal, nous allons évoquer une des idées importante provenant des études sur l’extractivisme, le security sustainability nexus théorisé par Théa Riofrancos31 , c’est-à-dire de l’utilisation du motif écologique pour permettre une sécurité économique, et la fusion de ces deux domaines. Ce nexus securité-durabilité désigne l’articulation stratégique entre la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, notamment le lithium, et les engagements de durabilité écologique et sociale dans le cadre de la transition énergétique. Ce concept met en lumière la tension entre des logiques géopolitiques de contrôle et d’autonomie matérielle — souvent associées à une relocalisation extractive dans le Nord global — et des exigences normatives de justice environnementale. Il souligne ainsi que la quête de sécurité peut instrumentaliser ou diluer les principes de durabilité, révélant les contradictions inhérentes aux politiques techno-industrielles « vertes ». > [!accord] >Ainsi, les attitudes protectionnistes de contrôle des chaînes d’approvisionnement n’ont pas attendu l’arrivée de Trump. Cette action est décrite par la Commission européenne comme le prolongement du Green Deal Act ainsi que du Net Zero Industry Act34visant à faire monter en puissance la production de “technologies stratégiques”. Il est important de souligner que ce ne sont pas seulement les technologies “vertes” qui sont visées, mais aussi le numérique, la défense et le secteur spatial. Parler de capitalisme vert est avant tout idéologique. Toutefois, il faut être sensible au développement de la situation de crise du néo-libéralisme qui ouvre la voie à un autre régime d’accumulation. > [!accord] >En effet, non seulement tout est fait pour poursuivre l’extraction de ressources fossiles mais les technologies décisives de ce cycle ne sont pas avant tout vertes. De ce point de vue, l’écologie de guerre que certains appelaient de leurs vœux est loin de ses prétentions pacifistes originelles35 . Il laissera selon toute vraisemblance le souvenir d’un populisme ayant pour but d'accélérer le rattachement des franges impérialistes de la gauche à un projet de remilitarisation globale. > [!accord] >Dans cette conjecture, les fronts de luttes écologistes et anti-impérialistes se relient donc plus que jamais. Cependant comme l’a déjà souligné Martin Arboleda dans son livre Planetary Mine, il est indispensable de sortir du nationalisme méthodologique pour étudier les mines, et nous ajouterions, aussi des approches exclusivement locales pour lutter contre l’exploitation de ces ressources par les oligopoles capitalistes et leur absorption dans le secteur de l’armement. Sans perspective anti-impérialiste, même les luttes anti-extractives les plus déterminées sont impuissantes car du point de vue des capitalistes, elles ne font que baisser l’avantage comparatif d’une mine sur une autre. Il faut donc remettre au centre la question du contrôle populaire de la structure de l’économie. L’une des perspectives pour cela serait de créer des alliances le long des chaînes de valeur globales tout en se concentrant sur les secteurs critiques que [[Lénine]] appelait les « hauteurs stratégiques » de l’économie37. ^e8febd > [!accord] >Comme le rappelle Toni Negri commentant ce mot d’ordre : “il ne peut y avoir de révolution sociale sans une base matérielle adéquate susceptible de la soutenir. Ce qui signifie que toute proposition politique qui vise à la subversion du système capitaliste, de sa figure politique et du mode de vie existant, si elle n’est pas en même temps porteuse d’un projet de transformation du mode de production adéquat, est faussement révolutionnaire.”38